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COMPTES-RENDUS |
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>>Conseil régional du district de Nyon - séance du 29 mars 2011 à Nyon |
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OPINIONS (Rubrique d'expression libre) |
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Réflexions sur les dernières élections communales
Grande découverte pour les électeurs vaudois ce mois de mars 2011 ! Alors que tous les partis en lice tentent de justifier leur participation en présentant des bilans et des programmes, des affiches apposées sur tous les supports possibles en ville comme à la campagne proclament tout crûment « Les Suisses votent UDC ». Au décompte final, on constate d'abord qu'à peine plus d'une trentaine de pour cent des citoyens a daigné exercer un droit pour lequel des centaines de personnes ont récemment sacrifié leur vie dans d'autres pays, et ensuite que sur ces trente et quelque pour cent, moins de dix pour cent sont des Suisses selon les affiches. Il faut donc en conclure qu'aujourd'hui dans le canton de Vaud, à peine trois et demi pour cent de la population inscrite sur les listes électorales est suisse. Bon, ne soyons pas mesquin, arrondissons à 5%. Notre parti d'authentiques Helvètes se trouve quand même devant un sérieux problème de représentativité. Que va-t-il faire des nonante-cinq pour cent d'autres habitants ?
A en croire ses précédentes affiches, ce patriotique parti divise les habitants du pays en deux catégories, symbolisées par les infâmes moutons noirs étrangers chassés par les ruades des valeureux et vertueux blancs moutons, les membres du parti des purs. Or, le français n'est pas seulement la langue maternelle des Vaudois et des compatriotes de plusieurs cantons voisins depuis des siècles, mais depuis 2003, la nouvelle constitution stipule que c'est la langue officielle du canton. En français donc, on déteste les bêtes noires, on redoute les idées noires, et on n'aime guère broyer du noir. Toutefois, pour un Vaudois, comme pour tout francophone, un mouton noir, comme un chat noir ou un cheval noir, n'est qu'un animal pigmenté à la mélanine et qui n'a rien de répréhensible. Personne n'hésite à caresser un chat noir ou des cheveux noirs, ni à monter un cheval noir. Et vous Mesdames, si vous aviez été la jeune princesse phénicienne Europe, seize ans aux pâquerettes, auriez-vous résisté à l'invitation de Zeus, métamorphosé en fringant taureau noir, à un vol nuptial jusqu'en Crète ? Pour désigner un indésirable, le francophone utilise le terme « brebis galeuse », car la gale est une sale maladie contagieuse. Tandis que le pigmenté reste indélébile mais ne présente aucun danger de contagion, le galeux doit éviter les contacts et se soigner pour guérir.
Alors deux remarques: d'abord, les propagandistes du grand parti patriotiquement légitime, y compris le candidat au prix Lamartine, n'ont pas jugé utile de traduire correctement leur idée de génie pour ces taborniaux de Welches, et en terre romande, les érudits journalistes, exégètes, et autres commentateurs censés promouvoir un français de qualité n'ont pas jugé nécessaire de réagir à la bourde crasse des blancs moutons. Ensuite, pour un francophone, un mouton, quelle que soit sa couleur, n'est pas considéré comme un modèle d'intelligence et de discernement, patriotiques ou pas. Les Romands, qui ont appris à l'école l'histoire des moutons de Panurge, non seulement ne se sentent guère flattés d'être assimilés à cet animal stupide, mais sont plutôt surpris par le grégarisme du troupeau UDC derrière son bélier milliardaire.
R. Lecoultre
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>>Sale temps pour le nucléaire |
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Prolifération des lois et règlements et application
A la suite d’un nouveau délit dans la grande république voisine, le bouillant président promet une nouvelle loi contre la récidive, ce qui fait signaler par un député que la France a déjà une demi-douzaine de lois contre la récidive mais qu’elles ne sont pas appliquées faute de moyens.
Et en Suisse ? Combien de fois les citoyens contribuables ont entendus : « Oui, bien sûr, nous avons des lois et des règlements, mais il est si difficile de les appliquer ( sous-entendu : le gouvernement s’est bien gardé de créer les organes à cet effet ). Récemment, les Suisses ont entendu cette antienne au sujet de la surveillance des banques, du travail au noir, du contrôle des denrées alimentaires, de l’exercice de la justice, …
Nous savons que notre droite, surtout l’archipatriotique, est allergique à la fonction publique, les ronds-de-cuir étant une engeance méprisable, uniquement préoccupée par l’heure de sortie des bureaux et le début de sa retraite ; il est donc impératif d’en diminuer le nombre. Voter une nouvelle loi ou un nouveau règlement, ça fait très bien, ça peut même rassurer les gens. Quant à consacrer les fonds nécessaires à son application, il ne faut pas y songer, le pays n’en a pas les moyens.
C’est ainsi qu’un Etat prétendument civilisé, bien organisé et efficace, est en fait empêtré dans un fatras d’articles innombrables, sinon inapplicables, ce qui ralentit lamentablement toute mesure et toute initiative, même bénéfique à la population.Comme il semble qu’un grand nombre de nos députés et conseillers nationaux mesurent leur légitimité au nombre de nouvelles lois qu’ils votent, nous ne sommes pas au bout de nos frustrations. En revanche, un candidat qui nous promettrait de débroussailler notre système législatif aurait-il la moindre chance d’être élu?
R. Lecoultre, Rolle
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Encore un miracle de l’économie |
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Naguère, il était difficile d’accéder à la plage de Rolle en venant de Lausanne parce que la ligne blanche continue interdisait de tourner à gauche; les baigneurs qui renâclaient à faire le tour par les Vernes devaient donc se faire violence et enfreindre le sacro-saint règlement routier. Chose à signaler, on n’a semble-t-il jamais déploré d’accident causé par une telle audace. A part la plage, un magnifique établissement hôtelier à quatre étoiles souffrait lui aussi de cette anomalie circulatoire. C’est pourquoi le grand patron dudit hôtel menaça la commune de Rolle des pires sanctions si elle ne construisait pas rapidement une entrée sécurisée à l’établissement dont l’inactivité lui causait d’immenses pertes financières.
L’hôtel est donc resté fermé près de dix ans, d’abord à cause de sa restauration, puis, selon le prudent patron, à cause de l’absence d’accès depuis Lausanne, étant entendu que les clients venant de Rolle ne comptaient pas et que ceux de Lausanne ne pouvait en aucun cas faire demi-tour à Rolle. Aujourd’hui, en mars 2011, le giratoire de la plage est ouvert depuis plusieurs mois, mais l’hôtel est toujours fermé. La population environnante n’y comprend rien, mais les grands spécialistes de l’économie sont en admiration devant une si ingénieuse manoeuvre qu’ils appellent respectueusement «la nouvelle gestion rolloise» (NGR), que même les Chinois ont été incapables d’appliquer dans l’organisation de leurs jeux de Pékin ou de leur exposition universelle de Changhaï. En revanche, la commune de Rolle a vite saisi les avantages de
la NGR
, d’abord le conseil communal en refusant d’abord deux projets d’aménagement du carrefour incriminé, ce qui a causé des années de retard et des dizaines de milliers de francs de surcoût, et ensuite la municipalité de Rolle qui applique la même technique à la construction d’une HLM sur un de ses terrains prévu à cet effet. D’abord, on tergiverse en prétextant des oppositions, puis on lance une coûteuse étude des besoins, et enfin on se donne le temps de perdre du temps. Avec l’appui enthousiaste d’opposants dévoués, la construction d’une HLM, si elle aboutit jamais, sera ainsi retardée de quelques années ou lustres de plus, et le prix sera adapté en conséquence. C’est ainsi que
la NGR
offre aux spécialistes une somptueuse possibilité de compliquer et d’enchérir la vie des gens.
A quand un prix Nobel pour l’inventeur ?
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Justice suisse
Le 4 octobre 2010, les journaux annoncent que « Toute plainte devenue impossible, l’affaire UBS sera bientôt enterrée. » Rebelote le vendredi 15, où nous apprenons que « l’UBS renonce à toutes poursuites contre ses ex-dirigeants ».Heureuse Suisse, dont les lois empêchent de juger les plus grandes incompétences ou escroqueries du pays. |
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Beaucoup de socialistes suisses désespèrent de l’avenir du parti s’il s’obstine à défendre les valeurs qui ont justifié son existence ce dernier siècle. Avant d’applaudir à leur principale proposition de «modernisation», c’est-à-dire exécuter le programme de la droite à la barbe de la droite (comme l’ont fait Blair, Schröder, Jospin, …), peut-être faut-il répondre à la question suivante :
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>>Le socialisme est-il soluble dans le capitalisme ? |
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GRAIN DE SEL (Humour) |
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Métamorphoses
« Changement de forme » en grec. Les Grecs attribuaient à leurs dieux cette faculté de se présenter sous des formes diverses selon les besoins et les circonstances. Même croyance chez les hindouistes, dont les dieux subissent des avatars.
Zeus était un grand spécialiste des métamorphoses, puisqu’il se changea en cygne pour séduire Léda, reine de Sparte, et lui engendrer les jumeaux Castor et Pollux ; il se métamorphosa en taureau pour enlever Europe, fille du roi de Phénicie, qu’il emporta en Crète où elle accoucha du Minotaure ; pour séduire la reine Alcmène qui n’avait aucun fantasme, il éloigna le mari et emprunta sa forme le temps d’une nuit d’amour, si bien qu’Alcmène donna naissance à Hercule neuf mois plus tard. Zeus ne fréquentait que du beau linge et négligeait totalement l’usage du préservatif. Il arrivait aussi que Zeus métamorphosât des mortels, comme le couple Philémon et Baucis à qui, en reconnaissance de leur hospitalité, il permit de se transformer lui en chêne et elle en tilleul, afin de n’être plus jamais séparés.
Le capitalisme, religion universelle du XXIe siècle, croit aussi aux avatars. Ses grands prêtres, les consultants, courtiers, exégètes et anglomanes, s’ingénient avec succès à révéler les nouvelles valeurs de l’humanité.
Ainsi, les patrons des XIXe et XXe siècles, responsables de la bonne marche de leurs entreprises, du travail de leurs ouvriers et de la qualité de leurs produits, sont devenus des managers ou des CEO, uniquement redevables des dividendes versés à leurs actionnaires et des bonus qu’ils s’offrent.
Les ouvriers, respectés jadis comme les agents indispensables de la fabrication et surtout de la qualité des produits des entreprises, sont maintenant traités de charges sociales, autrement dit de nuisances qu’il faut absolument licencier ou rémunérer au minimum.
Même la population de travailleurs, lecteurs, voyageurs, musiciens, champignonneurs, navigateurs, peloteurs, rêveurs, bêcheurs, rôtisseurs, lecteurs, bricoleurs, n’est plus perçue que comme une masse de consommateurs.
Aujourd’hui, Descartes dirait : « Je consomme, donc je suis ».En trois siècles, quel progrès !
R. Lecoultre, Rolle
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Les droits de l’enfant
Dans un village du pied du Jura, des gosses jouant près de la grande salle cassent une vitre et disparaissent. Dénoncés par l’agent de police, ils sont convoqués par la municipalité à qui ils confirment leur maladresse. Normalement, il ne reste aux parents qu’à payer les dégâts et l’affaire est terminée sans tintouin.
Trop facile, braves gens ; une telle attitude n’est plus à la mode depuis longtemps. Les parents, férus de droits humains et de juridisme, portent plainte contre la municipalité parce qu’elle a osé s’adresser aux enfants sans la présence de leurs géniteurs. Si le tribunal soutient leur attitude, nous auront des situations de plus en plus géniales :
- Ce petit s’est cassé le bras en jouant, mais ne l’approchez pas avant que ses parents ne vous y autorisent expressément.
- Au secours, un enfant se noie ! Très bien, réglez d’abord la question de ses droits avec les parents avant de le tirer de l’eau, c’est plus sûr …
Quant à l’étape suivante, encore plus prometteuse, ce seront des bipèdes qui exigeront la présence de leur avocat avant tout contact avec les voisins ou les autorités. C’est judicieux puisque les Américains le font.On n’arrête pas le progrès ! Et la bêtise encore moins !
Août 2010. R. L.
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Tout texte proposé devra être validé par le comité de rédaction avant sa publication en ligne. |
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Le référendum libéral-radical
Après le triomphe sur l’enfer fiscal, la croisade contre l’enfer social !
Pour les ploucs qui ne l’auraient pas encore compris, ce référendum confirme que :
- les bénéficiaires d’aides sociales sont de vils profiteurs
- les gens qui font des gosses n’ont qu’à assumer leurs responsabilités
- ceux qui désirent vraiment travailler n’ont qu’à profiter des innombrables et gratifiants emplois fournis en abondance par le marché
- en sauvant la Swissair et l’UBS, créatrices d’emplois et généreuses contribuables, ainsi que leurs vertueux et méritants dirigeants, l’Etat a déjà entièrement et parfaitement rempli son devoir social
Amen !
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